Journée de la leucémie | Mon expérience ♥

Aujourd’hui 29 mars, journée nationale de la leucémie.

J’ai envie de me confier sur une expérience qu’on ne peut souhaiter à personne, et qui m’a touchée personnellement. Alors oui ce petit blog est avant tout un blog mode et beauté, mais derrière tout ça il y a aussi une petite vie, qui souhaite aujourd’hui vous partager une « true story ».

C’est une nouvelle que j’ai écrite, seule, au même titre que tous mes articles ! Donc no plagiat, merci.

N.B. : je ne suis pas en série L au lycée, alors je m’excuse d’avance si l’histoire n’est pas assez « littéraire » à votre goût !

Bonne lecture…



I

Il était une fois deux personnes mariées, qui s’aiment, un roi et une reine.

Ils partent de zéro, ouais de ce chiffre qui n’en est pas vraiment un, et ensemble ils vont construire leur château de leurs propres mains. Ils vont faire des économies pas possibles pour avoir l’habitation qui leur convient. Et un jour – pas du tout comme par magie – ils y sont arrivés !

Viens ensuite trois petites princesses, qu’ils élèveront très bien et s’assureront de leur bonne santé et de leur bien-être.  Elles seront très heureuses ces petites filles là ! D’ailleurs on pourrait presque dire que c’est une famille modèle. Pourquoi ce « presque » ? Parce que la famille idéale n’existe pas biensûr, pas dans ce monde.

II

Au bout de plus de quinze ans de vie tous les cinq (soit depuis la naissance du dernier enfant) ils sont toujours aussi heureux. Les crises d’adolescences, et la crise tout court d’ailleurs, sont passées par là, mais le roi et la reine sont courageux et plus forts que tout – ou plutôt leur amour est plus fort que tout. Ensemble ils font du sport très régulièrement. Ensemble ils se concotent des mets équilibrés grâce au jardin du château. Ensemble ils font leur vie.

Puis un jour – pas un beau jour – la reine est diagnostiquée « atteinte d’une leucémie ». C’est venu du jour au lendemain ! Non pas qu’une sorcière ne soit venue lui jeter un sort – quoiqu’après tout nous n’en savons rien -, mais la reine était bien la dernière personne au monde à être sujette d’avoir un jour ce genre de pathologie ! Pourtant c’est venu comme ça. Comme un séisme arrive un jour et on ne sait pas pourquoi.

La cour du château en fût toute étonnée, d’autant plus que la reine n’avait jamais touchée à une seule cigarette, buvait un petit verre de vin par mois – et jamais d’autres alcool, parce qu’elle n’aimait pas ça -, mangeait vraiment sain, et faisait beaucoup de sport. Donc ce qui lui arrivait n’était pas juste quoi.

Ses enfants, les princesses, n’ont trop rien compris à ce moment-là. Elles aussi se sont dit « mais pourquoi maman ? ». Elles se sont dit d’autres pourquoi, des pourquoi d’enfants.

Mais cette maman, cette reine, elle est hyper forte. Elle va la combattre cette maladie ! Pour elle, pour sa famille ! Et ses cures intensives et fatiguantes, de deux mois, avec rien qu’une seule semaine de repos à la maison entre ces cures, elle les ferait sans se plaindre !

Puis il faut dire que les princesses se sont plutôt dispersées suite à cette nouvelle : les deux plus grandes avec leur princes, logées dans leurs appartements ; et la plus jeune… seule, sans sa maman, sans son pilier de bonheur.

Quand au père, le roi, il alla voir sa reine tous les soirs à l’hôpital pour ne pas la laisser seule. C’est à dire qu’après une journée de travail, hop, c’est parti pour 180 km de route. Vous comprenez l’existence de cette phrase « l’amour n’est pas un chiffre » ? Elle prend tout son sens d’un coup non ?

III

Quelques cures passèrent et les cellulles cancéreuses avaient totalement disparues ! Pourtant l’hôpital voulait absolument lui faire faire d’autres cures, « pour être sûr » comme ils disaient. Alors à la cour on a laissé faire. Après tout, il ne pouvait rien lui arriver de mal non ?

IV

Et visiblement si.

J’aimerai pouvoir continuer de vous raconter ce conte en disant qu’elle est à côté de moi en ce moment et qu’on rit ensemble, comme on l’a toujours fait. J’aimerai pouvoir vous dire que la vie a été correcte pour une fois, mais au lieu de ça, je vais devoir vous dire qu’elle a attrapé un microbe pendant sa période d’aplasie. Puis forcément, sans globules blancs, elle n’y a pas survécu.

Elle avait guérie sa leucémie et est partie à cause d’un microbe. Tout le monde était si sûre pour elle, pour sa guérison. Mais le pire dans cette histoire – parce qu’il y a pire – c’est que personne n’était préparé à cette possibilité d’attraper un microbe et de partir le lendemain, à tout jamais.

 Puis la vie c’est quelquechose d’horrible. Je l’ai lu dans le dernier regard de ma mère, entendu dans son dernier souffle, et vu dans son éléctrocardiogramme plat : la vie a décidé de quitter son corps, sans raison apparente, et de laisser au dépourvu celle qui a en fait combattu sa maladie.

V

Aujourd’hui le château est vide. Le jardin est mort et ne sera probablement plus jamais vivant. Aujourd’hui on fait notre sport séparément. Aujourd’hui on mange séparément. Aujourd’hui on fait notre vie séparément.

Aujourd’hui je n’ai plus personne à qui raconter mes journées en rentrant des cours, à qui parler des petits problèmes du quotidien, chez qui trouver une épaule lors d’un coup de blues… Alors on essaye tant bien que mal de se rendre utile, « de faire avec » comme ils diraient.

Elle ne l’a pas mérité cette mort. Elle qui ne demandait qu’à vivre, rien qu’à respirer, pourquoi partir maintenant alors qu’elle n’a que la quarantaine ? Pourquoi a-t-elle eue cette fichue maladie ? Des questions sans réponses.



Pour conclure ce récit, retenez que ce genre de choses n’arrive pas « qu’aux autres », que non, la tendre routine n’est pas éternelle. Toutes les bonnes choses ont une fin ; surtout les bonnes choses.



J’espère que cet article n’a pas été trop pénible à lire pour vous, mais je ressentais vraiment le besoin de l’écrire en cette journée spéciale, rien que pour rendre un hommage à tous ceux qui en sont victimes. J’ai aussi tendance à dire que ma mère est partie dans un « accident », car pour moi tout s’est déroulé tel un accident – un accident de la part des médecins.

D’ailleurs, ce petit blog, je ne regrette en rien pas de l’avoir créé… Internet peut être si magique des fois !

10232014 61856 PM

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